Le bain de forêt est une bonne expériences pour se reconnecter au vivant et mieux connaître la biodiversité. C’est également un outil pour réduire son stress et prendre du recul sur notre quotidien. Sur cette page, je vous propose d’approfondir cette pratique qu’on nomme également sylvothérapie ou encore Shinrin yoku.

Qu’est qu’un bain de forêt ?

La définition du bain de forêt

Le bain de forêt consiste à être en immersion dans la forêt comme son nom l’indique, à l’instar d’un bain de mer ou de soleil. Cette pratique est différente d’une balade en forêt par la conscience et l’intention que l’on porte. 

Le bain de forêt dépend beaucoup du guide. On dit souvent qu’il y a autant de manière de pratiquer un bain de forêt que de guide. Personnellement, mon intention est de se relier davantage au vivant, avec la pédagogie « Tête-Corps-Cœur ». Pour en savoir plus, vous pouvez consulter ma page sur les sorties Connexion au vivant

Le Shinrin yoku, médecine par la forêt 

Au Japon, le bain de forêt est une médecine préventive reconnue. Il existe là-bas une soixantaine de chemins officiels.

Le « Shinrin yoku » a été développé en 1982 par Tomohide Akiyama, le directeur de l’Agence japonaise des forêts. Son intention était d’encourager les japonais à aller en forêt pour diminuer le stress et ses conséquences. 

Le Shinrin Yoku s’inscrit dans une culture japonaise plus reliée à la nature que nos cultures occidentales. Des pratiques comme le harami, la contemplation des cerisiers en fleurs, comme le bonsaï, l’art des arbres miniatures, témoignent aussi de cette culture.

La pratique de bains de forêt s’est ensuite développée dans les pays occidentaux, notamment grâce à l’Association des guides et des programmes d’écothérapie et sylvothérapie (Association of Nature and Forest Therapy Guides and Programs) qui s’inspire du Shinrin Yoku. 

Pourquoi faire un bain de forêt ? 

On parle souvent de sylvothérapie pour valoriser les bénéfices d’un bain de forêt sur la santébet le bien-être. C’est également une manière de sensibiliser à la biodiversité directement « sur le terrain ». 

Un impact sur le bien-être

En lien avec la prévention, la sylvothérapie apporte de nombreux facteurs de bien-être et d’amélioration de la qualité de vie :
– La diminution du stress et de l’anxiété
– La détente physique
– L’amélioration de l’état émotionnel
– La sensation de calme
– L’amélioration du sommeil 
– Le développement de sentiment de gratitude et d’émerveillement
– La régulation du système nerveux sympathique, qui représente le système d’alerte 

Les bénéfices sur la santé 

De plus en plus d’études scientifiques démontrent le « pouvoir guérisseur » de la forêt. En effet, agir sur la diminution du stress permet aussi de réduire les maladies qui sont associées. La sylvothérapie permet notamment de réduire la tension artérielle et diminuer la fréquence cardiaque. Ainsi, cette pratique améliore notre système immunitaire. 

Une manière de retrouver son lien au vivant

Mon parti-pris est également d’offrir des expériences de connexion au vivant, en immersion dans la forêt. En effet, je suis convaincue que c’est grâce à la connaissance du vivant et de l’émerveillement que nous pourrons préserver, voire régénérer la biodiversité. La forêt permet d’observer la richesse du vivant avec tous ses sens. La sylvothérapie nous apprend aussi à prendre soin de ce qui nous entoure.

C’est également l’occasion de ressentir notre interdépendance et notre réciprocité avec les arbres : nous inspirons l’oxygène que les arbres rejettent et nous expirons le dioxyde de carbone que les arbres absorbent. Les forêt sont en effet de véritables puits de carbone, qu’il convient de respecter et préserver.

Dans quel cadre pratiquer un bain de forêt ? 

Un cadre personnel 

Le Shinrin yoku se pratique généralement dans un cadre personnel, pour des motivations de bien-être et d’épanouissement. Le bain de forêt est un instant de pause, pour apporter de la sérénité. 

Une pédagogie active 

Les sorties en forêt sont aussi intéressantes pour l’éducation à l’environnement, pour des élèves de tout âge. En effet, on peut apprendre à reconnaître les espèces et d’observer les interactions. On peut aussi faire du biomimétisme, c’est-à-dire s’inspirer du vivant pour créer. 

Les bains de forêt en entreprise

Cela peut paraître étonnant mais c’est aussi possible de proposer des bains de forêt en entreprise. Cela peut tout à fait s’intégrer dans une démarche RSE, avec de nombreux impacts positifs pour les équipes :

– Sensibiliser à la préservation du vivant et de l’environnement
– Favoriser la cohésion d’équipe par une meilleure interconnaissance
– Contribuer à l’épanouissement des collaborateurs, même si cela ne doit pas remplacer une vraie politique QVT
– Stimuler la créativité par le biomimétisme
– Retrouver une clarté mentale avec un temps de prise de recul et de calme

Comment pratiquer un bain de forêt ? 

Le bain de forêt diffère d’une simple promenade en forêt par plusieurs principes. En me formant avec Shinrin Yoku Brocéliande, j’ai appris la posture et la méthodologie pour la sylvothérapie humaniste.

Un déroulé structuré

Le bain de forêt est séquencé en plusieurs « invitations« . Ce terme est plus approprié que le mot « exercice », car il n’y a pas d’objectifs à atteindre. Ces invitations sont ponctuées de temps d’échanges sur nos ressentis au contact de la forêt, pour ancrer cette connexion. Il est intéressant d’alterner avec des invitations d’introspection et d’autres plus ludiques.

Le rôle du guide

Le guide est un véritable lien entre la forêt et les participants. Il favorise le partenariat entre les humains et les arbres. Il est également là pour proposer les invitations et animer les temps de partage. Il est garant du déroulé et du cadre, pour permettre à chacun de se sentir en sécurité et en confiance. Le guide n’est pas le thérapeute, il est le facilitateur pour la thérapie de la forêt. 

Quelques principes pour l’expérimenter soi-même

Même si le guide a un rôle essentiel, il est aussi possible d’expérimenter soi-même le Shinrin yoku avec quelques principes :
– Couper son téléphone pendant toute l’immersion 
– Rester le plus possible dans le silence pour être attentif à ce qui nous entoure
– Marcher en pleine conscience, avec un rythme lent
– Utiliser tous ses sens pour ressentir la forêt 
– Observer la forêt avec un « œil neuf », comme si c’était la première fois que vous veniez dans une forêt 
– Sortir du mental pour écouter ses sensations et émotions

En espérant vous avoir donné envie d’expérimenter un bain de forêt, je vous souhaite de beaux moments de connexion avec la forêt ! 

Sources :

Shinrin Yoku Brocéliande 
Shinrin Yoku, les bains de forêt, le secret de santé naturelle des Japonais de Pr Yoshifumi Miyazaki : ce livre détaille notamment plusieurs études scientifiques sur les bienfaits de la sylvothérapie sur la santé
Le guide des bains de forêt, expérimentez les pouvoirs de guérison de la nature de M. Amos Clifford