En décembre dernier, j’ai partagé sur mon réseau LinkedIn que je traversais une épreuve particulièrement douloureuse. Dans cet article, je souhaite développer mes réflexions sur Lumiver dans cette période de crises multiples, à la fois personnelle et en écho avec celles de la société.
Créer en réponse aux crises
Lumiver a émergé dans mon esprit en 2021 à la suite de crises personnelle et sociétale. C’était une période de grands questionnements, avec en toile de fond le COVID et ses 3 confinements. Mon éco-anxiété était à son apogée. J’avais le sentiment de ne pas être à la hauteur ni totalement à la bonne place dans mon métier de consultante RSE, même si je mesurais la chance de le pratiquer dans un super cadre. Quand j’ai créé officiellement Lumiver un an plus tard en parallèle de mon emploi salarié, je ne savais pas encore que ça deviendrait rapidement mon activité principale. C’était une nécessité de le faire, un élan vif. Me lancer dans cette aventure m’a apporté de l’apaisement, de l’alignement et de la joie. Comme je le dis souvent, Lumiver est mon terrain d’exploration et d’expression. J’y partage mes sources d’enthousiasme, mes expérimentations, mes doutes, mes cheminements… Et je suis reconnaissante de pouvoir vivre de ces projets professionnels depuis bientôt 3 ans, même si cet équilibre n’est pas garanti pour l’avenir.
Quelles intentions avec Lumiver ?
J’ai pris le temps dès le début d’approfondir mes intentions profondes, notamment en m’appuyant sur les méthodes de la Théorie U. Plusieurs éléments sont ressortis, tels que le besoin d’approfondir les origines de nos problématiques sociétales, inventer de nouvelles formes accompagnements et aussi d’intégrer une dimension spirituelle dans mon approche. En une phrase, ce que j’entends par « dimension spirituelle » est l’ouverture à plus grand que nous et le fait d’apporter du sacré dans nos vies. Je parle d’une spiritualité ancrée, inscrite dans nos projets et nos pratiques. Pour ma part, elle s’inscrit pleinement dans mon lien au vivant, en complémentarité aux connaissances scientifiques que je développe avec plusieurs formations en herboristerie et botanique.
Dans la communication de Lumiver, j’ai d’abord décidé de ne pas mettre en avant cet angle pour rester « crédible » et ne pas « faire peur » à des clients potentiels. C’est important de m’assurer un modèle économique en tant qu’indépendante, mais j’ai parfois aussi la sensation de me freiner et je me questionne sur certaines croyances limitantes. Il y a également une peur du jugement, qui s’efface progressivement avec le sentiment d’être bien alignée.
Viser la sécurité ou suivre ce qui m’anime profondément ?
5 ans après, je traverse de nouveau une période de crises. Une crise personnelle à travers un deuil périnatal si douloureux et bousculant, et une crise économique, sociétale, géopolitique avec un recul des préoccupations socio-écologiques. Face à toutes ces incertitudes, deux options :
- Viser la sécurité en redoublant d’efforts et en me concentrant sur ce qui se vendrait le mieux pour consolider mon modèle économique, accepter toutes les sollicitations
- Avoir foi en la vie et écouter mes élans profonds, accepter le besoin de ralentir pour ma reconstruction et lâcher le contrôle pour suivre ce qui me fait du bien et ce qui m’anime le plus
Je pense que vous devinez facilement mon choix 😉
Je m’investis toujours avec plaisir dans mes projets actuels, qui me nourrissent dans tous les sens du terme. Je suis reconnaissante de participer à des dynamiques collectives de transformation des pratiques et des métiers. Et je reste ouverte à de nouveaux projets de formation et facilitation !
En parallèle, je garde du temps pour tout ce qui contribue à ma guérison : les plantes, l’écriture et ce besoin de plus de sacré dans ma vie. Et j’ai certains rêves, qui restent sous terre pour renforcer leurs racines pour le moment… Même si je ne sais pas encore précisément comment ce mouvement intérieur va s’inscrire dans Lumiver, je me laisse porter par ce rythme. Je sens que je souhaite animer de plus en plus en extérieur et proposer des accompagnements autour des grands passages de nos vies et de nos organisations.
P.S : Je sais que ce choix d’écouter nos aspirations n’est pas si évident pour tout le monde, que ces crises impactent de nombreuses personnes engagées sur les transitions et je vous envoie tout mon soutien si vous êtes dans ce cas… A titre personnel, ma trésorerie me le permet grâce à de beaux projets et une gestion prudente pendant ces deux premiers exercices. Et je le prends aussi comme une forme de responsabilité à continuer à explorer tous ces sujets.
Reconnaître nos besoins de sens et de lien
J’ai conscience que la spiritualité ne peut pas résoudre tous les enjeux sociétaux. Je sais aussi que c’est un mot « fourre-tout » avec certaines approches qui nécessitent un esprit critique et un discernement constant.
Et pourtant j’ai envie d’en parler ici, d’assumer petit à petit cette dimension sur Lumiver. Selon moi, la spiritualité nous aide à retrouver du sens, nous entourer et nous appuyer sur des ressources. Elle nous invite à ralentir, à se questionner ce qui est vraiment juste pour nous, et à aller au-delà de nos préoccupations individuelles.
Et plus j’en discute autour de moi, plus je me rends compte que c’est un besoin partagé. Nous avons besoin de nous sentir vivants, en liens, en mouvement ! Nous avons besoin de remettre du sacré dans nos vies, c’est-à-dire porter une attention particulière sur ce qui compte vraiment. Nous avons besoin de marquer les passages par des rituels. Et pour ma part, j’ai besoin de m’ouvrir à l’invisible pour avancer sur ce chemin de guérison et me relier à mon bébé Elouan d’une autre manière.
Faire de la place à la spiritualité
Aujourd’hui ça me semble essentiel de parler de cette ouverture au plus grand que soi. Pour lui offrir une place dans nos vies, l’inscrire pleinement dans nos imaginaires. Le terme « spiritualité » n’est peut-être pas le plus adapté pour exprimer tout ce que j’y mets derrière, mais c’est celui qui résonne le plus actuellement dans ce sentiment de faire partie de cette toile du vivant, du visible et de l’invisible.
J’ai vu de grands changements en 5 ans sur les 3 piliers initiaux de Lumiver : les éco-émotions, les imaginaires des transformations et le lien au vivant. Malgré le sentiment de recul sur les préoccupations environnementales, j’observe aussi des évolutions de mentalités et de réflexions dans l’accompagnement des transformations. De plus en plus de personnes développent des projets et des recherches sur ces sujets autour de l’accompagnement au changement.
Et pourtant, quand j’ai commencé à parler de Lumiver, certaines personnes me disaient que c’était trop « de niche », pas complétement en lien avec les accompagnements RSE, ou pas assez « scalable ». J’avais décidé d’assumer que ces sujets avaient leur légitimité dans les transformations de société, et ça m’a ouvert à des projets passionnants. Je sens que c’est aussi le cas pour la spiritualité. Je pourrais développer ce point dans un prochain article, en m’appuyant sur plusieurs essais lus ces dernières années.
Pour conclure cet article, je nous souhaite plus de présence, de conscience et d’intention dans nos engagements en ces temps de crise ; de faire confiance à nos ressources et nos intuitions, de prendre le temps du soin, d’accueillir nos passages et nos métamorphoses.
Merci pour votre curiosité concernant Lumiver, est-ce que ce partage fait écho chez vous aussi ? Je serais heureuse de recevoir vos témoignages !